Zen

Non je n’assisterai pas aux soutenances de cette semaine.

La vie est ironique.

J’ai quitté cette université il y a vingt ans, sur un énorme cafouillage administratif. Cela n’avait rien à voir avec mes éventuelles compétences ou incompétences, mais je suis partie sans terminer ma maîtrise.

Forcément, il m’en est resté comme un goût d’inachevé. Un vieux truc qui traînait dans ma vie. Alors ce Master c’était peut être l’occasion de retomber sur mes pattes.

Mais je suis tombée malade et le temps imparti s’est nettement raccourci. J’ai lancé l’idée d’une année supplémentaire. Moi qui écrit sur la lenteur, c’est bel et bien un comble de travailler dans une telle urgence. Mon texte a été doublement lu, comme l’exige le protocole. Et j’ai été poussée à apposer le point final. çà pouvait se défendre. Même inachevé. C’était séduisant.

Alors apprendre à J-3 que finalement…hein…ben…non…mais c’est l’autre jury qui dit que…mais travaillez encore et revenez en septembre…comment dire, cette vieille colère d’il y a deux fois dix ans pourrait bien me revenir.

Mais deux fois dix ans ont passé, et je regarde ce désastre avec détachement.

En deux fois dix ans, j’ai été une thérapeute heureuse, engagée et compétente, j’ai publié, j’écris encore, et j’expose avec bonheur. Alors comme dirait mes ados et mon conjoint ‘y a plus grand chose à prouver’

Bon y avait juste un truc à finir 😉

Mais ce ne sera pas en septembre. Un défi professionnel passionnant m’attend. Et puis, des livres, des voyages, et des baby-mojitos au soleil (les mêmes qu’en vrai, mais sans alcool 😉 )

Je ne me ferme pas la porte d’une année supplémentaire, mais je n’y pense pas trop.

En tout cas pas cette semaine.

Il y a dans cette université, une bonne couche de poussière qu’il faudrait faire voler. Mais ce n’est pas mon job. Et ce n’est pas cette pauvre salle d’expo qu’on refile aux étudiants et où personne ne vient jamais (personne de la vraie vie, j’entends) voir ce qui est présenté, qui y suffira.

Pour moi, les arts sont vecteurs de lien, d’échanges, de soins, face à ce monde qui nous a encore montré ces dernières heures, à quel point il pouvait vomir de haine et de violence, pour un ballon rond ou contre des gens qui s’aiment.

Mais pour cela, il faut être un artiste actif, imaginatif, entreprenant, joyeux, à l’écoute des autres…

Mais bon …hein…je ne soutiens pas, alors je vais poser ma plume.

Pour cette semaine.

O.

Publié dans Bulles acides, Saison après saison

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